Nuit Insolite

Posté par patchiboum le 19/06/2019 07:13:19
Sorti de nulle part, il s’est approché de moi, le regard sombre planté dans le mien encore plein de rage et de larmes.
Comment avais-je pu me laisser humilier à ce point par ce type, ce faux gentleman, cet imposteur, qui m’avait plantée là en pleine nuit, sans même un mot d’excuses ? !
J’ai passé la paume mes doigts sous mon nez en reniflant bruyamment.
Il m’a alors souri et m’a tendu la main.
Quelque peu hésitante, ou peut-être intriguée par son regard envoutant, je lui ai donné la mienne, encore humide.
Il l’a saisie fermement, presque brutalement, et m’a entrainée dans le sous-bois sombre.
Je voulus résister, un « mais … » peinait à sortir de ma gorge … Il se retourna vivement et mit sa main sur mes lèvres :
« chut … Ne dis rien … Pas tout de suite … »
Puis, il passa son pouce sur ma bouche, comme pour redessiner mon rouge à lèvres.
Je me laissai faire, immobile, faible, impuissante …
Adieu, mon insolence de la veille …
Avec son index, il fit la même chose sur mes paupières encore fardées mais humides.
Mes jambes me trahissaient déjà.
Je fermai les yeux, et des larmes de mascara coulèrent sur mes joues.
Il les recueillit délicatement avec sa bouche et ses lèvres étonnement douces s’aventurèrent jusqu’à mon cou, jusqu’à ma gorge palpitante.
Son souffle chaud presque brûlant me fit frissonner.
Une sensation presque insupportable.
Presque … Seulement …
Mes jambes me trahissaient plus encore.
Était -ce les effluves du champagne qui me faisaient déjà chavirer ou bien peut être ce désir enfoui au fond de moi, ce désir que je me refusais, par ce que trop dangereux …

Son regard toujours dans le mien ou mon regard dans le sien, à ce stade-là, je ne savais plus très bien, nous nous enfonçâmes encore plus loin dans le sous-bois de plus en plus sombre.
Mes talons rouges imbibés de bulles eux aussi, et peu habitués à ce terrain accidenté, me firent perdre l’équilibre …
Je me retrouvai les fesses dans la mousse humide ou peut-être l’inverse … Je me sentis pitoyable, et sanglotai à nouveau en frottant ma cheville douloureuse.
Sa main rugueuse et vigoureuse vint rejoindre la mienne. Accroupi devant moi, ses doigts détachèrent délicatement la lanière de mes chaussures rouges.
Puis avec un sourire déterminé mais tendre à la fois, il caressa mes pieds, les effleura à peine et les porta à sa bouche.
A nouveau son souffle chaud, son souffle brûlant se faufilant timidement le long de ma jambe jusqu’à l’aube de mes … Oserai- je les nommer ? … Jusqu’à l’aube de mes fesses …
Un frisson parcourut tout mon corps jusqu’à la racine de mes cheveux, jusqu’à la racine de mes seins qui s’affolaient déjà dans ma petite robe froissée …
Comme s’il lisait dans mon regard implorant, il ne s’aventura pas plus avant, pas encore …
Il empoigna mes chaussures et m’aida à me mettre debout …
Je titubais encore … Il me rattrapa … Il saisit à nouveau ma main.
Son regard franc et autoritaire m’inspirèrent confiance curieusement …
Mes pieds nus dans la mousse humide lui obéirent et le suivirent sans résister …
Nous nous enfonçâmes encore plus avant dans la nuit.
Un rayon de lune s’invita timidement à travers les arbres comme pour nous indiquer le chemin.
Il avançait silencieux.
Un silence qui me chuchotait à l’oreille « viens, suis-moi, nous y sommes presque ».
Je m’exécutais donc, obéissante, ma main dans la sienne et de l’autre libre, j’ajustais ma robe, puis agrippai mon sautoir noir et en égrainai chaque perle comme pour dire une prière de pardon ou d’un aveu un peu honteux … d’une longue nuit de plaisir à venir …











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